Dieu est un DJ: 2 comédiens. 2 villes. 6000km. 1 seule pièce de théâtre.

Dieu est un DJ adapté par Insanë est une pièce de théâtre que tout amateur de la scène devrait voir. Peut-être pas pour l’interprétation des comédiens, ni pour l’adaptation de cette pièce du dramaturge allemand Falk Rithcher, mais plutôt pour l’audace du projet lui-même: celui de s’interroger sur l’omniprésence des médias et de l’apparition de la téléprésence qui modifie notre rapport à l’autre en utilisant ces mêmes technologies.

Dans une petite salle bondée de la SAT, le comédien Étienne Blanchette est seul dans la pénombre. Il est assis de dos dans une pièce toute blanche meublée à la façon simpliste d’Ikea. C’est ici dans ce lieu universel, espace de tous les êtres humains que se déroulera l’action de ce huit clos d’une heure et demie. Il commence à parler, racontant un rêve psychédélique soutenu grâce à des ambiances sonores  en direct qu’il actionne façon Guy A Lepage grâce à un clavier midi. Il ne se tourne pas, car ce n’est pas au public qu’il s’adresse, mais à sa webcam dont les images sont projetées sur le mur blanc pur. Déjà là, notre relation avec le comédien est différente, elle devient virtuelle. Puis soudain l’écran se brouille et laisse surgir une Française qui déblatère par le biais d’une vidéoconférence comme si nous étions réellement sur Skype. C’est Pascal Gudel, l’autre comédienne de Genève  qui devant un décor identique s’amuse à faire des singeries avec la caméra en live à 6000 km du coin St-Laurent Sainte-Catherine. Là-bas il est environ 1:00 AM et ici il y a une manifestation, mais cela n’empêchera pas les deux comédiens de livrer leur performance à deux publics distants grâce au réseau internet.

À l’heure des téléphones intelligents et des jeux comme SecondLife, pouvons-nous développer une véritable relation en étant aussi éloignés l’un de l’autre ? C’est à cette question primordiale que les metteurs en scène Julien Brun et Vincent de Repentigny ainsi que leur équipe de création ont remarquablement tenté de répondre en essayant de réunir physiquement les deux protagonistes dans un même lieu grâce à des illusions optiques réalisées par la projection de leurs deux images sur le même écran et une mise en scène calculée. De cette façon, le couple impossible réussit à cuisiner le même plat pour souper, à se parler sur le lit et même presque à faire l’amour. Cependant, malgré cette promiscuité et la puissance des technologies de communication, la pièce témoigne d’une réelle incapacité à communiquer. À travers la difficulté de se dire tout simplement «je t’aime», ils nous donnent aussi souvent l’impression qu’ils se parlent plus à eux-mêmes qu’à l’autre, comme si le média devenait le reflet de soi. L’oeuvre théâtrale dévoile ce côté obscur du réseau internet, celui où le besoin de se vider, de se promouvoir détruit celui de vouloir échanger et d’apprendre. Les filles qui se pavanent avec leurs derniers achats mode sur YouTube en sont un bon exemple.

En somme, cette oeuvre a tenu son pari et ce dernier n’était pas facile. Premièrement, tenter de créer une relation entre deux acteurs qui ne se sont croisés qu’une seule fois était un énorme défi, ont expliqué en entrevue les créateurs de la pièce. Jouer pendant 1 h 30 sur la scène avec une personne numérique, un «fantôme» n’est pas évident pour n’importe quel comédien. Le rapport qui liait les deux interprètes est venu ainsi créer un parallèle à celui de leur propre personnage et de la virtualité en générale, soit comme l’expliqua Étienne Blanchette:  «à la fois une absence et une omniprésence». Deuxièmement, le danger de l’adaptation était de séparer les deux personnages (dans l’oeuvre original ils sont dans la même pièce) sans tomber dans l’épatement bonbon la galerie grâce à un système de téléprésence. Mais finalement, des transformations qu’ils y ont effectuées, se sont émergées de nouvelles propositions qui par la mise en scène ont très bien transposé les questionnements fondamentaux de l’auteur à un problème actuel.   Bref,  allez voir ce mariage où l’union entre l’art et la technologie a servi avec une rare justesse le propos initial tout en apportant une nouvelle réflexion sur les médias sociaux, qui émergent et se bousculent dans notre société comme des bulles dans une flûte de champagne. Pop.

Prochaines représentations: 18mai (18h à 19h30) et 19 mai : 14 h à 15 h 30 – 20$ – Société des arts technologiques (et aussi à Genève évidemment, vous pouvez vous payer le billet d’avion!)

Site officiel :pour acheter un billet

  • Share/Bookmark

Photos inédites post-violence de Victoriaville. Pour le plaisir des yeux.

  • Share/Bookmark

Clôture de l’année: La SQ de Victo

Les Québécois et Québécoises ont découvert cette année une nouvelle sorte de clôture. Ils ont eux beau la chercher dans les Rona et Home Depot, mais jamais ils n’ont trouvé cette clôture de boucliers, matraques et visières qu’ils avaient vus par ici et par là dans les rues et maintes fois à la télévision. Certains ont même essayé d’en commander sur TVA Shopping, mais en vain.  Versatile, polyvalente, solide, déplaçable, quasi infranchissable, dotée d’agents répulsifs pour faire fuir les indésirables, elle semble tout simplement être l’enceinte parfaite tout-usage. On peut même choisir en option entre les planches unies ou numérotées. Cependant après un certain temps, nous lui avons identifié deux défauts qui pourraient faire hésiter quelques acheteurs. Premièrement, elle est seulement disponible en vert forêt ou en noir, ce qui peut engendrer une certaine difficulté pour la matcher avec la couleur des fleurs du jardin. Deuxièmement, quelques planches font parfois défaut, soit par un manque de jugement, de discernement ou les deux. C’est le genre d’attributs négatifs qui peut causer beaucoup de dommages collatéraux pour le voisinage, il faut faire attention. Finalement, c’est certainement une bonne clôture, on lui discernera sans doute le prix des clôtures 2012, cependant il y a une chose qu’il ne faut pas oublier, c’est qu’elle n’est pas fait de bois ou de métal, mais d’humains. D’humains avec des identités différentes, des personnalités différentes, des idées différentes, des choix électoraux différents. Bref, c’est une clôture pluraliste. Nous vous présentons donc l’une des plus populaires du mois: celle de Victoriaville.

Par:

www.sandrickm.com

  • Share/Bookmark

Igloofest en gifs animés!

Parce qu’on aime les GIFS.

et boire des shooters dans la neige sous une pluie de  lumières stroboscopiques.

Voici l’Igloofest (surtout le set embrasé d’A-Trak) immortalisée dans une boucle infini.ni.ni nini

Pour le plaisir de vos yeux, vous pouvez regarder ces 230 images défiler grandeur nature ici.

www.sandrickm.com

  • Share/Bookmark

Chroniques d’hiver #1: Chauffer sa fournaise avant l’igloofest.

S’il y a ben une chose sur laquelle les Québécois et les Québécoises tous confondus s’entendent: c’est qu’en hiver il fait frette. C’est pas compliqué.Y fait crissement frette. Lorsque la première neige est tombée et que les automobilistes doivent faire des préliminaires avec leur voiture les Québécois et Québécoises s’activent tous pour trouver des moyens de chauffage. On met d’abord un bon manteau, ensuite des bottes, des mitaines, un foulard, une tuque. Mais, quand le mercure fait une chute libre vers le bas et qu’on a vidé notre garde-robe jusqu’à enfiler les bas de laine chauffants fonctionnant à pile 9V de nos mères, il faut comme disent les politiciens: trouver des solutions adéquates et faire « autrement ». Le corps humain c’est comme une maison: pour que notre charpente d’os et de tripes deviennent bouillante, il faut chauffer ça de l’intérieur avec une bonne et grosse fournaise. Mais, pour que cette fournaise tough la barre des moins 40, les courses de traîneaux a chiens et une floconade à l’Igloofest, il ne faut pas l’alimenter avec n’importe quelle huile. Elle nécessite de la bonne, de la vraie, de la AAA, du Canada no.1, sinon elle va claquer comme une Tercell 89 pris dans une tempête de neige sur la 138.

Voici donc, pour chauffer vos soirées d’hiver ou pour vous starter avant les nuits igloofestiennes deux huiles à fournaises approuvées et testées par Ton Petit Lait:

1. La Distributrice: Le nouveau kiosque cool de la rue Mont-Royal. Dans un bocal de style chalet situé sous un escalier, les deux propriétaires se hâtent à vous préparer méticuleusement un latté, un espresso, ou un café régulier pour 1, 2 ou 3$. Sans aucun autre doute, le soin apporté à sa confection et la qualité du café utilisé lui permettent d’accéder au temple de la renommée des meilleurs cafés de la ville, surtout par rapport au nombre de pieds carrés. Ainsi, quand on a froid aux yeux en sortant de la bouche du métro Mont-Royal, la distributrice devient l’arrêt par excellence avant de tourner le coin pour finir les fonds de barils des bars de la rue St-Denis.

2. Le shooter québécois: Une fois, ma voiture tomba en panne quelque part dans l’immensité du Québec. C’était l’hiver, il neigeait à manger debout et l’obscurité de la nuit boréale m’isolait de toute civilisation. Je décidai d’attendre à l’intérieur de mon char qu’une autre voiture passe et me sauve de cette terrible froideur, mais aucun phare ne perça la lourdeur de cette tempête. Pris au désespoir, j’en ai conclu qu’il valait mieux pour moi de suivre la route, peut-être j’arriverais à temps à un village. Puis soudain, en cours de chemin, j’aperçus une faible lueur orangée dissimulée dans la profondeur des bois. Mes pas quittèrent le chemin et s’enfoncèrent dans la poudreuse vierge. Après quelques gelures, j’arrivai enfin à un chalet en bois, dont la lumière jaillissait par la fenêtre. Je cognai et un vieil homme trapu m’ouvrit. Malgré mon incapacité à bouger les lèvres, je m’efforçai de lui raconter ma mésaventure. Finalement, il sourit et me fit entrer. Il me donna à boire un mélange d’alcool de son invention. Il m’a dit que c’était une boisson secrète qui déglaçait les genoux d’un seul coup. Je me sentis mieux. Nous avons finalement passé la nuit à jouer à trou de cul en buvant de la potion sur le bord du feu. Le lendemain matin avant de partir, il me chuchota sa recette à l’oreille puis me tendit une bouteille de celle-ci pour que je la verse dans le réservoir à essence. Je ne lui posai pas de question. Je me rendis à ma voiture, j’ouvris la trappe et je versai le liquide. La voiture démarra comme elle ne l’avait jamais mieux fait, puis je filai.

Vous en prendrez quelques gouttes avant d’aller voir A-Trak ce soir.

1/2 once de Whiksy (peu importe lequel, généralement ça dépend du cash que t’as)

1/2 once de Sortilège (Whisky canadien à l’érable)

Remplir le shooter puis l’avaler pour qu’il se rendre à la fournaise.

  • Share/Bookmark

  • Page 1 de 2
  • 1
  • 2
  • >